Guerre ou paix ?
Externalisation d’ES ITO/ABS en Allemagne
Un projet d’externalisation d’une partie des activités ES ITO et ABS en Allemagne a été annoncé hier. Cela concernerait le « on shore services » sans que l’on sache exactement le contour précis du périmètre envisagé (la rumeur oscille entre 1000-1500 suppressions de postes).
Des tractations sont en cours afin de choisir le(s) repreneur(s). Le planning actuel prévoit que les employés HP concernés seraient transférés vers la société « partenaire » en juillet 2016 et que la préparation de la transition débuterait en Q1 2016 (demain !).
Il est stupéfiant d’apprendre que des projets d’externalisations soient initiés avant même que la scission entre HPE et HPI soit complétée.
Et en France ?
La direction d’HPE France devrait réfléchir à deux fois avant de suivre mécaniquement l’exemple allemand. En effet, comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, il est souhaitable, à la fois pour les salariés et pour l’entreprise, que la paix sociale soit préservée lors des projets de restructuration. Or, côté salariés, la paix ne peut être assurée qu’à une condition : que tous les projets de la direction privilégient toujours le VOLONTARIAT.
C’est pourquoi nous avons toujours préféré des projets socialement responsables comme la mise en place d’une GPEC ou d’un PDAV. En d’autres termes, tout projet de départ ou transfert forcé, enfreignant cette règle de bonne conduite, aboutirait inévitablement à exacerber les tensions et se terminerait par des conflits entre salariés et direction.
Solution à moindre coût ?
D’aucuns pourraient considérer qu’une restructuration via une externalisation d’activités serait moins onéreuse que des solutions classiques de type GPEC, PDAV… Cette vision simpliste ne prend pas en compte d’autres facteurs qui rentrent dans le coût global du projet. En effet, le coût nominal (sur le papier) ne se limite pas aux coûts immédiats engagés. Cette vue purement financière et à court terme, ne prenant pas en compte l’ensemble des paramètres, occulte les coûts potentiellement cachés inhérents à des choix inadaptés.
En effet, il est à craindre que nos clients et prospects considèrent défavorablement le fait de ne plus travailler au quotidien avec des salariés d’HP et n’apprécient pas la capacité d’engagement de nos sous-traitants. Cette dégradation d’image aurait des impacts évidents sur les résultats commerciaux de nos activités de service. De même, les restructurations majeures s’enchaînent et perturbent le fonctionnement de l’entreprise et le service rendu.
En complément, dans l’option d’externalisation, il est supposé que les salariés acceptent gentiment le transfert forcé. Si par contre les employés, constatant que la règle de bonne conduite (cf. volontariat) est foulée aux pieds, entament des mouvements de résistance allant jusqu’à une grève ou une contestation juridique, le coût réel de l’opération pour l’entreprise serait autrement plus important et dépasserait ceux des autres alternatives (perte de revenus importants, image de marque écornée…).
Mobilisation ?
L’UNSA ne souhaite pas établir un rapport de force. Pour cette raison, nous enjoignons la direction de l’entreprise de mener des discussions préalablement à sa prise de décision et à la mise en œuvre de son projet de restructuration.
A défaut, elle s’exposerait inévitablement à des réactions vives qu’il lui serait difficile de maîtriser.
La France n’est pas l’Allemagne. Les syndicats allemands sont puissants dans certaines branches, mais peu actifs chez HP. A contrario, les salariés et syndicats français savent se mobiliser quand leurs intérêts vitaux sont en jeu.
Afin de préserver la paix sociale, la direction serait avisée de s’en souvenir à l’heure où peut-être les solutions définitives pour la France ne sont pas encore tout à fait arrêtées.
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