Un PDAV, sinon rien !
« Hp Invent » : L’entreprise a une occasion unique d’appliquer sa devise au domaine social.
Le dossier spécial "Un PDAV sinon rien !" publié dans la lettre d'information du 27 novembre s’inscrit dans le cadre des chantiers d’étude et de réflexion initiés par l’UNSA pour anticiper les impacts organisationnels liés à la scission d’HP.
Diminuer la moyenne d'age chez HP est-ce possible ? Quelles conditions pour un nouveau PDAV ? Le PDAV coûte-t-il plus cher qu'un PSE ? ...
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Derrière le PDAV et la retraite, un choix de société
La question se pose maintenant de savoir s’il vaut mieux garder les seniors dans l’emploi ou favoriser leur pré-retraite. Le PDAV et la retraite étant des sujets assez proches, nous allons rappeler les discussions autour de la retraite pour mieux appréhender le choix en faveur du PDAV.
TINA : There Is No Alternative
La tendance dominante est aujourd’hui de garder les seniors au travail jusqu’à la retraite et de faire payer le poids de la retraite par les seuls salariés. L’argument « on vit plus longtemps, c’est normal de travailler plus longtemps » a une apparence de bon sens, mais est en réalité simpliste et manipulateur.
TINA : « There Is No Alternative », la formule popularisée par Margaret Thatcher veut faire croire qu’il n’y a pas d’autres alternatives que la solution proposée. Toute la machinerie de propagande (journaux, radios, télés,..) est alors mobilisée pour arriver à cette fin.
Critique de la position communément admise
L’erreur du raisonnement cité précédemment est qu’il ne prend pas en compte le gain de productivité. Or, on peut produire autant avec un actif pour un retraité qu’avec deux actifs pour un retraité. Le raisonnement selon lequel le recul de la part des actifs occupés rendrait impossible le financement des retraites par répartition est aussi absurde que si l’on avait prédit au début du XX siècle la famine pour la France du XXI siècle parce que la part des paysans allait se réduire à moins de 3% de la population.
A travers cet argument démographique, la doctrine souhaite en réalité que les gains de productivité n’aillent qu’aux seuls actionnaires. A titre d’exemple, en 2012 les entreprises françaises ont distribué 230 milliards de profit aux actionnaires, ce qui représente un surcoût du capital de 100 milliards par rapport aux normes des années 1970-1980. Ceci se fait au détriment de l’investissement, de la recherche et de l’emploi : 80% des bénéfices nets vont aux actionnaires aujourd’hui contre 30% dans les années 1980.
Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage plutôt que de payer des retraites. Le Conseil d’orientation des Retraites (COR) indique que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans et qu’une majorité de salariés sont sans emploi au moment de liquider leur retraite. Ce qui a pour conséquence mécanique une diminution de leur pension.
Depuis 200 ans, l’espérance de vie augmente et la durée du travail diminue, pourquoi cela ne serait-il plus possible aujourd’hui ? Le partage de la richesse produite peut permettre que l’accroissement de l’espérance de vie s’accompagne d’une diminution du temps passé au travail. C’est ce qu’on appelle le progrès.
Il y a d’autres alternatives
Or, il y a en effet plusieurs autres alternatives pour équilibrer les comptes des caisses de retraite. Nous allons rappeler l’une d’entre elles.
Le financement des retraites sans augmentation de la durée de cotisation ni baisse du taux de remplacement ne pose aucun problème : si l’on prend les données du COR dans son rapport de 2001, il suffit d’augmenter le taux des cotisations patronales de 0,37 point par an, soit en moyenne le quart du taux de croissance.
Huit pourcent de la richesse nationale ont basculés des salaires vers les revenus financiers au cours des quatre dernières décennies. Or, d’après le COR, seulement 1% de la richesse nationale supplémentaire suffirait en 2020 pour équilibrer le système de retraites à législation constante. Il y a donc bien des sources de financement, mais il faut toutefois avoir une volonté politique pour aller dans ce sens.
Comme autre alternative, on peut également citer (et il y en a d’autres) la possibilité d’élargir l’assiette des cotisations en y incluant les revenus financiers distribués sous forme de dividendes.
Une société plus juste
L’autre inconvénient du maintien des seniors dans l’emploi est qu’ils occupent des places qui auraient pu être attribuées à des jeunes. Les jeunes sont donc doublement touchés : par le chômage causé par la crise et par le maintien des seniors dans l’emploi.
Le taux de chômage en France est de 10,5% de la population active. Par contre, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est lui de 24%. Cela veut dire qu’un jeune sur quatre est sans emploi en France. La solidarité intergénérationnelle doit jouer et la préservation dans l’emploi des seniors ne doit pas se faire au détriment des plus jeunes.
A travers les options choisies pour la retraite se dessine donc le type de société dans laquelle on souhaite vivre : une société où la richesse va de plus en plus vers les actionnaires au détriment des salariés ou une société solidaire avec un meilleur partage de richesse.
Par conséquent, en laissant partir les seniors à 60 ans et en finançant leur retraite par une augmentation des cotisations patronales, on procède à un meilleur partage de richesse dans la société tout en fluidifiant le marché du travail (l’embauche des jeunes à la place des retraités).
En résumé
Si un plan de restructuration devait s’imposer à nous, la mise en place conjointe d’un PDAV et d’un plan d’embauche de jeunes chez HP épousant le schéma d’un meilleur partage de richesse a notre préférence.
Le financement des retraites n’est pas le seul problème qui se pose à nous. Le chômage des jeunes et la solidarité intergénérationnelle en est un autre qui est maintenant au niveau d’une cause nationale. Le chômage des jeunes en Europe, « un fléau de 150 milliards » qui pèse sur nos économies.
