ES : Ça Coince
INFOL’ordre du jour du comité d’entreprise HPF du 17 mars dernier comportait un point de discussion préoccupant sur certaines pratiques managériales illégales chez ES : « Arrêt d’activités chez ES, EG et dans les fonctions centrales : débat et vote du CE sur des situations pouvant relever des articles L2323-1, L2323-78 et L 2328-1 du Code du travail ».
De quoi parle-t-on ?
Les élus ont des preuves accablantes qui font état de projets de réductions d’effectifs chez ES. Ces projets sont mis en œuvre en totale illégalité et s’inscrivent dans le cadre d’un plan de ciblage structuré de certaines fonctions, postes ou organisations.
Cela se traduit comment ?
Depuis plusieurs mois, nous alertons la direction sur certaines pratiques managériales inquiétantes chez ES (voir nos diverses communications sur le sujet). Ces dérives s’accélèrent depuis la mise en œuvre d'une nouvelle organisation. Jusqu’à présent, les méthodes utilisées consistaient à cibler certains salariés et à procéder à des licenciements individuels, ruptures conventionnelles… (propositions de faire bénéficier de la « GPEC out » à des salariés sur des postes non décroissants, ciblage des 58 ans et plus avec des propositions négociés de départ, pressions sur la performance des Sales et Account Executive et assignation d’objectifs inatteignables, mauvaises notations avec plan de retour à la performance permettant de justifier un licenciement pour insuffisance de résultats…).
Avec la nouvelle méthode utilisée par ES, nous passons de l’artisanat à l’industriel ! Il est maintenant question de priver des salariés activité professionnelle et de leur demander d’utiliser le code 775 de CATW. Ces salariés sont destinés à être regroupés dans un « bench » différent de celui habituellement utilisé pour la gestion de l’intercontrat. Ce regroupement a pour objectif de permettre un meilleur ciblage des salariés éligibles à un « Work Force Reduction » ou à un « Work Force Management ».
Pourquoi de manière illégale ?
En 2015, il n’est pas prévu de « GPEC out » ni de PSE chez HP en France. Les élus du Comité de Groupe, des Comités d’Entreprises et des CHSCT n’ont pas été consultés sur un quelconque projet de réduction d’effectifs. La première obligation d’un employeur est de donner du travail à un salarié. Le fait de priver volontairement de travail un salarié afin de le « pousser dehors » est illégal et inacceptable.
Que dit la direction ?
La direction France de l’entreprise ne dément pas certaines déviances chez ES. Elle indique avoir eu connaissance de certains faits et avoir escaladé au plus haut niveau de l’entreprise pour contester les dysfonctionnements. La direction n’est pas en capacité d’expliquer clairement d’où viennent ces décisions, mais clame qu’elles ne sont pas d’origine locale.
Nous n’imaginons pas qu’un tel projet puisse être un acte isolé réalisé par le « middle management ». Nous pensons au contraire qu’il s’agit d’un plan d’ensemble émanent du « top management » d’ES EMEA ou Corp et ayant vocation à être décliné dans plusieurs pays.
Alors que l’entreprise se prépare à la scission et qu’il est demandé aux salariés de rester focalisés (« stay focussed »), cette nouvelle n’est pas propice à préserver la sérénité des salariés d’ES.
Durant la dernière réunion du Comité d’Entreprise, L’UNSA a demandé que le contenu et le périmètre de ce projet, dont seule la partie immergée de l’iceberg est visible, soient présentés afin d’en comprendre la portée et l’impact. A cet effet, nous avons demandé que le PDG d’HP en France vienne s’expliquer devant les élus. Il a aussi été demandé que les responsables de l’activité ES EMEA viennent s’expliquer sur le sujet.
Si vous travaillez au sein de l’organisation ES et que votre management vous a demandé de renseigner le code CATW 775 ou que vous rencontrez d’autres difficultés, nous vous recommandons de vous faire connaître en répondant au présent message.
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